À propos AAHECP

L’Association des Amériques pour l’histoire de la statistique et du calcul des probabilités regroupe des chercheurs des différents pays des Amériques (du nord au sud, du Canada à l’Argentine) qui s’intéressent au développement des outils, techniques et théories statistiques et probabilistes et aux différents aspects de la mise en chiffres du monde. Issus de nombreuses disciplines (démographie, sociologie, anthropologie, sciences de la communication, statistique, mathématique, science politique, histoire, etc.), actifs dans divers milieux (universités, bureaux statistiques, groupes et centres de recherche, organisations diverses du monde public comme du monde privé), ces chercheurs, au-delà des différences disciplinaires et théoriques, partagent un certain nombre de principes d’analyse.

Se distanciant d’une histoire purement interne de la statistique et du calcul des probabilités, qui verrait ces deux « sciences » se développer, progresser du fait de leurs propres forces et qualités, ils s’intéressent essentiellement aux liens entre l’appareillage scientifique et ses usages. Même si des appellations du type « socio-histoire » ou « socio-politique » ou « sociologie de la statistique (ou des statistiques) et du calcul des probabilités » traduiraient mieux ce qui est derrière l’effort de recherche actuel des membres de l’Association, une appellation du type « histoire de la statistique et du calcul des probabilités » a trois avantages. Elle est d’abord plus œcuménique, plus large, moins connotée au plan théorique; elle rassemble donc potentiellement plus de chercheurs. Elle est sans doute aussi moins « datée » historiquement, en ce sens qu’elle pourra convenir demain, advenant une mise en cause des postulats de la socio-histoire, par exemple. Elle est, enfin, presque institutionnalisée au plan international; ainsi, il existe une association espagnole pour l’histoire de la statistique et du calcul des probabilités; il existe également un Journal Électronique d’Histoire des Probabilités et de la Statistique ; depuis de nombreuses années, se déroule régulièrement, à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris, un Séminaire d’histoire du calcul des probabilités et de la statistique. L’expression est en quelque sorte déjà consacrée : au moins depuis la première édition, en France, du célèbre Pour une histoire de la statistique (qui date de 1977). Malgré les divergences théoriques entre auteurs, en dépit de l’intensification et de la diversification de la recherche, l’expression reste largement utilisée : ainsi, Hernán Otero y rattache son histoire des liens entre statistique et nation (Estadística y Nación); Alain Desrosières et Éric Brian en analysent les différents courants constitutifs, etc. Mieux vaut donc inscrire les travaux des chercheurs des Amériques dans le cadre de cette accueillante histoire de la statistique et du calcul des probabilités, dans le cadre de ce qui prend de plus en plus les allures d’un vaste réseau international, structuré autour d’un large corpus de textes et d’auteurs, de concepts, de principes, de façons de faire.

Bien sûr, ce qui caractérise le travail des chercheurs réunis dans l’Association, c’est d’abord la prise en compte de la dimension historique. Si la période qui commence au début du XIXe siècle, et que l’on associe à « l’ère du chiffre », est généralement retenue comme cadre historique (et c’est vrai aussi bien pour les « vieux pays », les métropoles comme l’Angleterre ou la France qui voient se mettre en place une pratique de recensement, que pour les colonies qui, peu à peu, posent le décompte de la population et la cartographie du pays comme des conditions d’un décollage politique et économique), la période antérieure n’est pas pour autant oubliée (surtout du point de vue de l’émergence de la notion de hasard et de celle de probabilité).

L’interdisciplinarité caractérise également une histoire de la statistique et du calcul des probabilités qui n’est pas vraiment une discipline universitaire mais plutôt un champ de recherche. Les chercheurs enseignent, s’ils le font, dans des départements où ils ont rarement la possibilité de présenter leurs recherches (c’est variable, bien sûr, selon les disciplines et les pays). Les colloques, les conférences, les revues et une association qui leur est propre sont ainsi essentiels au développement de la recherche. C’est même une des raisons majeures de la création de l’Association des Amériques pour l’histoire de la statistique et du calcul des probabilités.

Enfin, bien sûr, cette histoire de la statistique et du calcul des probabilités intègre les avancées des diverses sciences sociales (de la sociologie à l’économie, en passant par la démographie). Elle a été historiquement marquée, plus sans doute que d’autres champs du savoir, par les divers constructivismes, par une posture plutôt réflexive. Elle doit rester, surtout, foncièrement critique dans sa démarche, y compris quant aux courants et théories qui l’ont modelée jusqu’à présent.

L’Association des Amériques pour l’histoire de la statistique et du calcul des probabilités permettra de formaliser et d’intensifier les liens entre les chercheurs qui, lors de la rencontre de Salvador de Bahia de novembre 2010, en ont jeté les bases, d’élargir le cercle des chercheurs intéressés par la mise en chiffre du monde, d’établir un dialogue scientifique avec d’autres associations de chercheurs et, enfin de faire connaître le travail des spécialistes des Amériques et, singulièrement, des plus jeunes. À l’heure où les histoires nationales de la statistique s’édifient, fruit du travail de la première génération de chercheurs (la somme brésilienne publiée par Nelson Senra en étant un exemple remarquable), la circulation d’un savoir à la fois théorique et empirique s’impose. S’il est vrai que ces histoires sont à la fois toutes différentes, traduisant le jeu de facteurs spécifique à chaque pays, elles s’inscrivent également dans le cadre de développements plus globaux et d’échanges internationaux. Le temps est donc venu de faire se rencontrer des efforts de recherche et de parler, en quelque sorte, collectivement. L’Association des Amériques pour l’histoire de la statistique et du calcul des probabilités sera l’instrument de cet échange de pratiques de recherche et contribuera à établir fermement un véritable réseau transaméricain en histoire de la statistique et du calcul des probabilités.

Nos objectifs

L’Association des Amériques pour l’histoire de la statistique et du calcul des probabilités regroupe des chercheurs des différents pays des Amériques (du nord au sud, du Canada à l’Argentine) qui s’intéressent au développement des outils, techniques et théories statistiques et probabilistes et aux différents aspects de la mise en chiffres du monde. Issus de nombreuses disciplines (démographie, sociologie, anthropologie, sciences de la communication, statistique, mathématique, science politique, histoire, etc.), actifs dans divers milieux (universités, bureaux statistiques, groupes et centres de recherche, organisations diverses du monde public comme du monde privé), ces chercheurs, au-delà des différences disciplinaires et théoriques, partagent un certain nombre de principes d’analyse.

L’Association des Amériques pour l’histoire de la statistique et du calcul des probabilités permettra de formaliser et d’intensifier les liens entre les chercheurs qui, lors de la rencontre de Salvador de Bahia de novembre 2010, en ont jeté les bases, d’élargir le cercle des chercheurs intéressés par la mise en chiffre du monde, d’établir un dialogue scientifique avec d’autres associations de chercheurs et, enfin de faire connaître le travail des spécialistes des Amériques et, singulièrement, des plus jeunes.

À l’heure où les histoires nationales de la statistique s’édifient, fruit du travail de la première génération de chercheurs, la circulation d’un savoir à la fois théorique et empirique s’impose. S’il est vrai que ces histoires sont à la fois toutes différentes, traduisant le jeu de facteurs spécifique à chaque pays, elles s’inscrivent également dans le cadre de développements plus globaux et d’échanges internationaux. Le temps est donc venu de faire se rencontrer des efforts de recherche et de parler, en quelque sorte, collectivement.

L’Association des Amériques pour l’histoire de la statistique et du calcul des probabilités sera l’instrument de cet échange de pratiques de recherche et contribuera à établir fermement un véritable réseau transaméricain en histoire de la statistique et du calcul des probabilités.